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L’ « Atelier des Gens de Mer » à bon port

Grâce à l’Atelier des Gens de Mer, si on aime la mer, on peut y rester, quoi qu’il arrive ! Situé en Charente-maritime, sur le port de pêche de la Cotinière, l’EA prolonge la « voie maritime » de marins en incapacité de travail. Lorsqu’un marin ne peut plus embarquer sur les bateaux de pêche, il peut rejoindre l’atelier(*) et ses différentes activités : réparation (ramendage) de filets de pêche, fabrication de chaluts neufs (filets spécifiques traînés par les chalutiers), achat de poissons à la criée, petits entretiens de navires, etc.

L’ « Atelier des Gens de Mer » à bon port

Même débarqué, on baigne dans le milieu !

« Au préalable à la création de l’Atelier des Gens de Mer, il y a eu de grandes discussions avec tous les acteurs du port pour que l’atelier et ses activités s’insèrent bien dans le milieu professionnel portuaire, qu’il soit complémentaire à toutes les activités du port », explique Thierry Lèques, gérant de l’Entreprise Adaptée. « Sous forme de SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), l'EA est montée en SARL, autorisée en tant qu’entreprise adaptée à accueillir des personnes handicapées. Aujourd’hui, l’atelier offre un emploi adapté à six marins-pêcheurs débarqués – reconnus handicapés par l’Enim (sécurité sociale des marins) - afin de leur permettre de poursuivre une activité sur la zone de travail d'origine : le port de pêche de la Cotinière. »

Continuité maritime

Même débarqués, les marins, ayant subi pour la plupart un accident corporel, restent considérés comme professionnels par les autres travailleurs du port. En effet, les nombreuses activités proposées par l’Atelier des Gens de Mer restent intégralement liées à leurs compétences et mobilisent des savoir-faire techniques et technologiques de là-bas. Cela crée une vraie continuité professionnelle d’autant plus que les travailleurs de l'EA se retrouvent en fin de compte à travailler pour des membres de leurs familles, qui eux aussi sont sur le port. C’est principalement sur commande que les chaluts sont fabriqués car ils ne sont jamais standards et nécessitent une fabrication « haut de gamme », bien souvent sur plan fourni par le client. Le patron de pêche (*) – le commandeur - vient d’ailleurs régulièrement voir l’avancée de la fabrication pour s’assurer que le chalut correspondra parfaitement à sa demande.

Vases communicants

Entre l’Atelier des Gens de Mer et le port, il y a régulièrement de la main-d’œuvre qui circule ! « Par exemple, si un bateau doit rester au port à cause du mauvais temps, les marins en arrêt de travail, et pour ne pas perdre leur journée, peuvent venir aider les travailleurs de l’EA à la fabrication des chaluts. » En effet, le port est une zone concédée où la réglementation maritime met les entreprises « sous accord ». A l’inverse, les travailleurs de l’Atelier des Gens de Mer peuvent assurer une prestation d’achat de poisson à la criée pour le compte des mareyeurs. Ou encore, préparer le poisson en provenance de l'île d’Yeu avant le passage en criée. En effet  lorsque du poisson arrive dans de la glace, les marins débarqués enlèvent la glace et trient les poissons afin de le reconditionner de manière homogène avant la vente. Cela s’appelle le « déglaçage ».

Un partenariat avec Claires & Mer Esat

A deux pas de l’entreprise adaptée, Thierry Lèques a créé un atelier de type Esat ouvert aux non-marins souhaitant avoir une activité sur le port de La Cotinière. Cet atelier travaille en étroite liaison avec le port et l’Atelier des Gens de Mer. Ce dernier lui sous-traite toute la phase de démantèlement des engins de pêche et assure le tri et l’envoi dans les filières de recyclages.

Une expérience unique et réussie !

« Jusqu’à présent tout se passe bien ! Les marins embarqués comme les marins débarqués sont contents ! Les bateaux apportent leurs filets usagers qui ne durent en principe que quelques mois. L’Atelier récupère les cordes et les plombs qui peuvent durer, eux, plusieurs années et en fabriquent d’autres. Aujourd’hui l’atelier est même devenu trop petit et la mairie a accepté de l’agrandir ! »  Thierry Lèques, gérant de l’EA et directeur de l’Esat, est en même temps un professionnel de la mer (sauveteur en mer, plongeur professionnel, etc.) et un travailleur social. A travers l’expérience des Ateliers des Gens de Mer, il a réussi à marier ses deux passions et à largement partager cette expérience particulièrement originale et unique en France !

L'EA Les Ateliers des gens de mer étaient nommés aux Trophées handiresponsables 2011, dans la catégorie Accompagnement.

* Sous réserve d’une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé

* Patron de pêche = Capitaine

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