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Le Centre de la Gabrielle récompensé pour le projet CAP VAE par le Prix spécial du jury 2013

Reconnaître les compétences professionnelles des personnes en situation de handicap et faciliter ainsi leur insertion en milieu ordinaire, c’est l’objectif du projet CAP VAE. Pour ouvrir la Validation d’Acquis d’Expériences au secteur adapté et protégé,  le Centre de la Gabrielle a mis en place toute une ingénierie d’accompagnement qu’a souhaité soutenir le jury des Trophées Handiresponsables, en lui décernant un Prix Spécial.

« Notre travail relève de l’innovation lance Bernadette Grosyeux, Directrice Générale des établissements médicaux-Sociaux du Centre de la Gabrielle Mutualité fonction publique action santé sociale (MFPASS), l’objectif est de permettre la Validation d’Acquis d’Expérience de droit commun aux personnes travaillant en ESAT et en EA dans la lignée du décret du 20 mai 2009 ». Mêmes compétences et donc même diplôme qu’en milieu ordinaire voilà le leitmotiv du projet, même si cela passe par une préparation à l’examen bien différente. Face au jury, les candidats doivent en effet pourvoir justifier de trois ans d’expérience mais également savoir analyser et expliquer leurs pratiques professionnelles. « Une conceptualisation qui demande une méthode d’accompagnement poussée que nous avons modélisée en six étapes » explique Valérie Bischoff, directrice qualité et responsable du dispositif CAP VAE MFPASS. « Le premier pas consiste d’abord à informer les usagers pour qu’ils se sentent autorisés à entrer dans ce dispositif précise Bernadette Grosyeux. Ils ne sont pas habitués à voir leur travail reconnu, encore moins par un diplôme, il faut donc les accompagner par une coordination globale du secteur dans cette démarche (ESAT, EA, entreprise d’habilitation du diplôme, formations…) ». Les travailleurs volontaires pour une VAE vont donc d’abord voir leurs capacités évaluées puis être aidés dans la constitution de leur dossier. « Pour palier au handicap, une formation de 150 à 200 heures est proposée, contre 20 en milieu ordinaire explique la directrice. Préparation psychologique, aide à la prise de parole, à l’expression ou encore à la gestion du stress » permettent donc aux candidats de mettre toutes les chances de leur côté.

Gestion coordonnée et pluridisciplinaire, création d’outils et normalisation du processus d’accompagnement ont ainsi permis en quatre ans à 110 candidats issus de divers corps de métiers en Ile-de-France d’obtenir une VAE. « Le taux de réussite s’élève à 82%, c’est absolument formidable » se réjouit Bernadette Grosyeux. « C’est enfin la reconnaissance, par les entreprises et la société, d’un professionnalisme en ESAT et EA ajoute Valérie Bischoff. Une démarche positive dont l’objectif à terme est de pousser à l’insertion professionnelle en milieu ordinaire. C’est l’objet du second volet de CAP VAE intitulé « Forum des Associés » et qui concerne aujourd’hui 10 à 15% des personnes accompagnées.

Fort de son succès, le projet CAP VAE entre pourtant aujourd’hui dans une phase plus critique, celle de la pérennisation de son modèle économique. Issu du projet européen ECLAS[1] mené au Centre de la Gabrielle entre 2004 et 2008, CAP VAE a été financé à hauteur de 45% par l’Union Européenne. Un soutien pour l’innovation qui arrive aujourd’hui à échéance. « Pour l’instant, nous ne savons pas comment nous allons pourvoir continuer notre action explique Bernadette Grosyeux. La solution passera certainement par des apports pluriels ». L’avenir de la VAE pour le secteur adapté et protégé se joue donc désormais sur un autre terrain, celui des politiques sociales.


[1] Evaluation des Compétences et des Logiques d’Acquisition des Savoirs



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