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Le Tiralo, un fauteuil amphibie

Rencontre avec Thierry WILLOCQ, directeur de l’Esat l’Ensoleillade, pour parler du Tiralo.

Tiralo, fauteuil roulant amphibie

Monsieur WILLOCQ, pourriez-vous nous raconter l’historique du Tiralo, le fauteuil amphibie ?

Au début des années 2000, l’Esat l’Ensoleillade organisait des camps de vacances, notamment à Hendaye  situé le long  de  la côte Atlantique, sur un terrain prêté par l’hôpital Marin, spécialisé dans la prise en charge de patients handicapés.

Sachant que nous avions une activité de mécano-soudure, les équipes de l'hôpital nous ont alors demandé de réfléchir à l'adaptation d’un fauteuil roulant, pour permettre à leurs patients d’accéder à la plage. Nous avons donc réalisé un prototype. Très vite une nouvelle demande s’est imposée, ne pourrait-on pas inventer un fauteuil qui non seulement roulerait sur le sable mais permettrait aussi aux patients à mobilité réduite d’aller sur l’eau. Ainsi est né le Tiralo, dont la mise au point prit environ 3 ans.

Comment l’établissement est-il passé de la réalisation à la commercialisation ?

Il y a 15 ans, la notion d’accessibilité n’était pas rentrée dans les mœurs, et encourager la baignade pour tous pouvait être considéré comme un acte militant. Il a donc  fallu dépasser le regard des autres et les divers aprioris. Un ancien directeur, Monsieur Robert Guiglion a alors commencé à écumer les foires et les salons pour promouvoir ce nouveau produit et défricher le marché hexagonal.

Par la suite, des contacts ont été noués avec l’Espagne, distante de 4 km d’Hendaye. Puis, au fil du temps et des rencontres, nous avons trouvé d’autres  points de distribution, en Russie par exemple  mais aussi en Grèce, en Amérique du Sud, en Israël, au Liban et dans les départements d'outre-mer.

Quelles sont vos possibilité de production et comment gérez-vous les commandes ?

Nous pouvons produire près de 300 Tiralos par an, nous essayons de caler leur production en fonction des estimations de vente. Ce produit étant extrêmement fiable et robuste, et nécessitant uniquement de l’entretien, toutes les ventes concernent de nouveaux clients.

Nous en vendons essentiellement auprès d’associations militantes, mais aussi vers le milieu de l’orthopédie et dans une moindre mesure en direction des personnes spécialisées en aménagement de plages. Il est en effet important de préciser que notre association à créé le label Handi-plage , repris depuis nationalement.

Avez-vous procédé à des enquêtes de satisfaction auprès des utilisateurs ?

Bien entendu, nous avons effectué de multiples enquêtes auprès des handi-plagistes, des associations et par internet. Ce sont ces enquêtes qui nous ont permis de travailler sur la nouvelle version du Tiralo sortie en début d’année 2015. Nous allons en fabriquer 200 cette année  dont 60 ont déjà été précommandés. Ce nouveau modèle ne nous empêche pas de travailler avec un partenaire pour la fabrication d’une coque adaptable aux enfants, ce qui permettrait de couvrir tous les besoins.

Au-delà de la satisfaction des utilisateurs, il doit y avoir la satisfaction des « fabriqueurs », si je peux me permettre ce néologisme ?

En effet, ce fauteuil, conçu, réalisé et produit à l’Esat fait la fierté des travailleurs, ils ont la satisfaction de lire des articles de presse, de voir des reportages télévisés de journaux régionaux et nationaux, mais ils sont surtout fiers de leur produit, et fiers de savoir que le Tiralo s’exporte. Vous savez, lorsqu’ils collent les étiquettes et y lisent des destinations telles que Tahiti ou Fort de France, leur regard brille.



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