Pomme d'Amour : Adapei du Bas-Rhin

Le festival Regards croisés terminé, nous sommes allés à la rencontre de Julie Gerber, Chargée de Projet à  l’Esat d’ Haguenau situé dans le département du Bas-Rhin, pour qu’elle nous en dise un peu plus sur la démarche de l’établissement  vis à vis de la réalisation de  leur court-métrage  « Pomme d’Amour » présenté à Nîmes et bien accueilli par les festivaliers.

Par quel canal avez-vous été informé de l’existence de ce festival ?

Ce n’est pas une découverte pour les établissements de l’ADAPEI 67, cela fait plusieurs années que nous participons au festival. Pour mémoire, en 2012 nous avions obtenu le Grand Prix avec notre court-métrage « Green Esat ».

Comment un projet de film  s’articule-t-il au sein de l’établissement ?

L’ADAPEI du Bas-Rhin réunit 6 ESAT répartis sur tout le département  dans un rayon de 120 km. C’est dans le cadre de notre organisme de formation transversal « ETAPES » que les projets sont mis en œuvre, un projet avant tout porté par l’ensemble des travailleurs, qui écrivent en effet le scénario ; quant à nous, nous organisons les tournages jusqu’à la réalisation finale comprenant évidemment le montage.

Sur quels critères sont choisis les travailleurs et le sujet du court-métrage ?

Cette année, pour la première fois,  tous les travailleurs ont été associés au projet. Lors des activités de soutien ils ont rédigé plusieurs scénarios et un vote a été organisé dans chaque établissement.

Les personnes sont choisies sur la base du volontariat et en fonction du thème du film. Si le film porte sur les métiers des espaces verts, on ira proposer plutôt à des travailleurs espaces verts. Le choix peut aussi être fait en fonction des projets des personnes.

Quel fût le temps nécessaire pour mener à terme le projet ?

Le planning court sur environ 6/7 mois entre le début de l’aventure et la livraison du film ; pour le volet financier il rentre dans le cadre de notre formation interne, les coûts sont bas puisque l’ensemble du projet est porté par les établissements sans aucune aide extérieure, un peu de  logistique, les déplacements entre les établissements et les lieux de tournages par exemple, le tout étant facilité par  nos 3 encadrants du service ETAPES,  férus de cinéma, qui disposent du matériel nécessaire et chapeautent tout le suivi technique.. Pour nous rendre au Festival de Nîmes, nous avons emprunté un minicar de 9 places appartenant à l’ADAPEI, ce qui nous a permis d’emmener 5 travailleurs avec leurs encadrants.

Le film fut apprécié par les spectateurs présents mais n’obtint pas de récompense, les travailleurs acteurs furent-ils déçus ?

Pas du tout, lorsqu’ils sont rentrés du festival leur réflexion fût : « Nous n’avons pas eu de prix mais ce n’est pas grave,  c’était génial et notre film a été applaudi ».  C’est une expérience extrêmement intéressante pour l’ensemble des établissements et enrichissante pour les travailleurs, une façon aussi d’en impliquer un ou deux plus en retrait au quotidien,  pour les valoriser et leur donner confiance en leurs capacités ; nous conseillons à d’autres établissements du secteur de s’impliquer dans le futur pour participer à cette belle aventure ; quant à nous, nous reviendrons, cela ne fait aucun doute.



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