Encourager les artisans à travailler avec des personnes handicapées

depuis le jeudi 19 octobre 2006Daniel GOUPILLAT | Président de la Chambre des Métiers des Hauts-de-Seine

La Chambre de Métiers concerne toutes les entreprises de moins de dix personnes. J'ai beaucoup entendu tout à l'heure les obligations, les lois qui s'appliquent aux grosses entreprises. Eh bien nous, petites entreprises, n'avons pas d'obligations. Comme vous le savez l'artisanat est la première entreprise de France mais nous n'avons aucune obligation pour employer des personnes handicapées.

Quand j'ai été élu il y a un an, c'est un sujet qui m'intéressait vraiment pour des raisons assez proches. A l'époque, j'ai dit à mes services de se rapprocher de ce qui se faisait sur le département. On a donc rencontré le service du travail et c'est pour cela que nous sommes arrivés à faire cette journée là avec vous.
Nous n'avons aucune obligation. C'est que je veux passer comme message. Or sur le département, nous sommes quand même 13 500 entreprises et à peu près 35 000 employés. Donc je pense qu'il y a là un gisement très important pour employer et faire travailler la sous-traitance.
Les Chambres de commerce et les Chambres des métiers peuvent être des très bons relais et des réseaux sur lesquelles s'appuyer pour diffuser toute cette information.

J'ai déjà mobilisé une bonne partie de mes collègues, surtout sur la région Ile de France, pour aller plus loin dans notre démarche et essayer de passer une convention avec tous vos organismes pour vraiment motiver nos artisans. Je ne vous dis pas que c'est gagné, il faut être clair, mais on peut intervenir.
Il y a déjà une chose simple, sur les Hauts-de-Seine, nous avons une charte qualité qui a été adoptée. Par exemple si la boulangerie ne permet pas de faire rentrer un fauteuil, il faut tout simplement que le boulanger aille porter à la personne la baguette à la porte.
Ce sont peut-être des choses toutes simples mais nous les avons intégrées dans une charte qualité.

Personnellement, dans mon entreprise j'avais une personne légèrement handicapée mentale, qui est à la retraite aujourd'hui. Cette personne m'a fait gagné de l'argent, je peux le dire : elle était sur les chantiers (puisque je suis dans le bâtiment), intégrée dans l'équipe. Elle me permettait d'avoir un chantier toujours propre. Et qui dit chantier propre, dit temps gagné et pas d'accidents. Les jours où il n'était pas là (ce qui arrivait comme pour tout le monde !), les autres collègues s'en plaignaient.
Si vous voulez vraiment savoir, je pense que nous, artisans, nous sommes là et que nous pouvons très bien employer dans beaucoup de métiers des personnes handicapées, mentale ou autre. J'ai un ami prothésiste, handicapé lui-même, qui a créé son entreprise.
Il y a donc des métiers où on peut faire avancer les choses. Il faut encourager nos artisans, car il n'y a aucune obligation à travailler avec les CAT, mais nous les encourageons à le faire quand même.
Souvent, le problème de l'artisanat, c'est la petite production à faire. Si ça n'intéresse pas les grands groupes et les grandes machines, cela peut intéresser un CAT. C'est vraiment dans ce sens là qu'il faut aller. Dans notre secteur, ça sera automatiquement une action volontaire, puisque nous n'avons ni obligations, ni taxes.

Nous avons commencé à communiquer dans tous nos journaux locaux et nous avons bien l'intention d'aller beaucoup plus loin dans ce sens.



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