L’Unedic fait figure de pionnière, puisqu’elle a réussi depuis trois ans à concilier dans sa politique d’achat bonne gestion et diversité. Au-delà d’une sélection rigoureuse de ses fournisseurs sur des critères techniques ou sur les prix, l’Unedic et les Assedic ont en effet confié par appel d’offre une partie de l’édition des millions de documents destinés aux demandeurs d’emploi à des entreprises et des établissements du secteur protégé ou adapté.
Après la signature d’une convention Agefiph et un premier accord triennal qui s’est achevé en 2007, un deuxième accord a été conclu pour l’année 2008. L’heure est donc au premier bilan, avec un chiffre d’affaires ainsi réalisé de 1 million d’euros par an, qui devrait être porté à 1,2 million cette année.
Pour Michel Courdouzy, responsable des achats auprès du secteur protégé et adapté, il n’est absolument pas question de complaisance. Concernant le marché des « notices, flyers, imprimés », par exemple, « le cahier des charges était stricto sensu le même ». Et d’ajouter : « S’il y a eu un lot réservé, c’est une particularité de gestion, mais en aucun cas cela ne peut remettre en cause la qualité du produit final ». Pas de secret : « Pour l’emporter, il faut que la réponse soit cadrée dans les besoins exprimés au départ. » Et, il n’a pas été déçu. Depuis le 1er janvier 2007, date de démarrage d’un contrat d’impression avec un GME, qui regroupe quatre entreprises adaptées dans des régions différentes, l’acheteur de l’Unedic constate en effet que la qualité et les délais de livraison sont respectés, au même titre que les autres imprimeurs qui travaillent sur ce marché national.
Il n’y a donc pas de fournisseurs à deux vitesses : « ils sont notés sur les mêmes indicateurs que les entreprises qui travaillent sur le reste du marché. » Il a ainsi pu constater la capacité des interlocuteurs du GME à apporter une réponse adaptée à une demande spécifique de BAT ou à modifier très rapidement un document. En résumé, ce sont des partenaires fiables et il faut peut être selon lui réfléchir « à l’ouverture de lots sur d’autres marchés nationaux, l’Unedic en passant entre 25 et 30 par an». De quoi dynamiser à l’avenir l’activité d’autres EA ou ESAT. Remporter un appel d’offre peut d’ailleurs se révéler l’occasion d’investir à moyen terme, notamment en termes de capacité.
Pour le responsable de l’Unedic, le recours au secteur protégé peut se révéler parfois un peu plus coûteux, mais il s’intègre parfaitement dans une démarche de bon sens, portée en outre par l’urgence du développement durable. Il conseille vivement aux acheteurs, notamment du privé, d’être plus curieux, de sortir de la routine et de recourir par exemple à l’appel à projet du Réseau GESAT.
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