« Ouvrir le champ des possible »

depuis le jeudi 19 octobre 2006Djamila TEDJANI | Mission handicap RENOSOL

RENOSOL est une société spécialisée dans le nettoyage industriel. Nous sommes environ 10 000 salariés sur l'ensemble de la France. Nous faisons partie de la société VEOLIA propreté (anciennement ONYX), qui fait elle-même partie de VEOLIA Environnement, ex-VIVENDI.
Nous nous sommes véritablement lancés dans une politique d'insertion de travailleurs handicapés en 2004. Quoique nous ayons déjà mené auparavant sur certaines de nos filiales des actions en cette faveur, le thème du handicap s'est véritablement imposé au sein de notre structure au cours de cette année là.
Nous avons commencé directement sur une convention avec l'AGEFIPH que l'on a signé en 2005. Cette convention s'est plutôt axée sur quatre points principaux :
D'abord l'insertion de travailleurs handicapés, en l'occurrence 60 personnes sur deux ans ; La formation de ceux-ci; Ensuite nous avons mis l'accent sur le maintien dans l'emploi de personnes handicapées ou qui pourraient être reconnues handicapées au cours de leur vie professionnelle; Et enfin la sensibilisation de l'ensemble de nos collaborateurs sur le handicap.

Apprendre à connaître le secteur protégé

Comme vous pouvez le constater, nous n'avons pas souhaité, en tous cas lors de cette première convention, s'investir directement par rapport au milieu protégé.
Il y a plusieurs raisons à cela et je vais vous les expliquer.
Je suis assez nouvelle, cela fait trois ans que je suis sur cette mission handicap, et je ne vous cache pas que j'avais des a priori plutôt négatifs sur le milieu protégé. J'ai eu une expérience dans ma vie professionnelle auparavant qui ne m'avait pas laissé une bonne image. Pour des raisons plutôt psychologiques, nous n'avons donc pas souhaité, en tous cas dans un premier temps, s'élancer vers le milieu protégé.
En en discutant un peu avec mes pairs d'autres grandes entreprises, cela a rouvert le champ des possibles. Ils me disaient par exemple « Regarde chez nous, l'imprimerie est sous-traitée auprès d'ateliers protégés, ou alors tout ce qui concerne les plateaux repas ».

C'était quelque chose que je ne savais absolument pas et que j'étais très loin d'imaginer.
J'ai fini par me dire : « Mais finalement je ne les connais pas, ils ne me connaissent pas, comment je peux faire ? » Eh bien je suis simplement allée visiter certains ateliers protégés. Je n'ai pas encore conclu avec eux mais cela m'a permis de voir les activités possibles et tout ce qu'on peut imaginer avec eux. Surtout cela m'a permis aussi de rencontrer directement des personnes handicapées et de voir leurs conditions de travail. Pour moi c'est important de savoir à qui je confie une tâche, comment cette tâche va être traitée, et comment les personnes handicapées vont être encadrées pour réaliser ce travail.

J'ai visité, il y a quinze jours, les Ateliers de Jemmapes dans le douzième arrondissement, avec Monsieur Yannick Boulet qui a eu la gentillesse de me recevoir. C'était une expérience très intéressante et enrichissante : Une fois que vous avez visité les ateliers protégés, vous savez que certaines tâches qui sont habituellement réalisées par des prestataires externes peuvent être de temps à autre sous-traitées aux ateliers protégés, ce qui ouvre des possibilités de travailler avec ce secteur.
En ce qui concerne les Ateliers de Jemmapes, on s'est rencontré et nous allons collaborer ensemble sur la réalisation de porte-diplômes qui vont être remis à chacun de nos collaborateurs qui vont suivre les formations de sensibilisation au handicap. Cela leur donnera une vision différente des ateliers protégés et leur montrera que l'on peut faire des choses complètement différentes de ce qu'on a l'habitude de voir, comme par exemple les fournitures.

Une multitude d'activités réalisables à des prix abordables

Nous avons eu la chance de faire des formations de sensibilisation qui ont démarré au mois de mars et qui se sont achevées au mois de juin.
Elles ont concerné l'ensemble de nos filiales. Avec un consultant externe nous avons fait un peu le tour. Au cours de ces formations de sensibilisation, l'image qui nous est renvoyée par nos collaborateurs quand on parle de la sous-traitance est souvent « ils sont trop chers », et « ils ne font pas des choses à forte valeur ajoutée ».
Aujourd'hui on essaie justement de leur ouvrir le champ des possibles en leur expliquant qu' il y a un tas d'activités réalisables avec des prix tout à fait abordables et intéressants pour l'entreprise.

Pour en revenir sur nos relations « gagnant-gagnant », je vais vous faire part des impacts de la nouvelle loi sur un groupe comme RENOSOL.
Au 31 décembre 2005 on avait un taux d'emploi de 7,24%, ce qui est quand même déjà honorable, et une contribution de 4336 euros pour 10 000 personnes. Première simulation au premier janvier 2007, 460 000 euros de contribution prévisionnelle et un taux d'emploi à 4,25%,
A ce moment, on a fortement réagi et on savait qu'on pouvait réagir, que de toute façon, la dead-line c'était le 30 juin puisqu'il faut effectivement les six mois de présence d'une personne handicapée dans l'entreprise.
Nous avons mis les bouchées doubles puisque nous nous étions engagés sur l'embauche de 60 personnes par rapport à l'AGEFIPH. Aujourd'hui nous sommes à 114, nous avons réussi à remonter notre taux d'emploi à 6,91% et une contribution prévisionnelle aujourd'hui de 7340 euros.

Dans notre secteur, nous avons en plus une chance par rapport aux autres entreprises, car nous avons la possibilité de proposer des contrats à temps partiel. Cet aménagement permet la compatibilité entre certains handicaps et notre activité. Mais a contrario, nous avons aussi souhaité recruter des apprentis handicapés et là nous avons énormément de difficultés à en recruter. Sur l'année scolaire 2005-2006 nous n'avons embauché malheureusement qu'une seule personne et sur cette année zéro, mais l'année n'est pas finie.



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