Recherche...

Entretien avec Pascal Grandjean à la Ville de Lyon

La ville de Lyon est la première grande ville de France à rejoindre le Club des Partenaires du Réseau Gesat. Pascal Grandjean, chef de projet à la Direction environnement du travail et des relations sociales, revient sur ce choix et les politiques de la municipalité en matière d’emploi des personnes en situation de handicap.

Entretien avec Pascal Grandjean à la Ville de Lyon

Pourquoi la ville de Lyon s’est-elle tournée vers le Gesat ?

« Notre partenariat avec le Réseau Gesat est né d’un vaste plan d’action de politique sociale engagé par la ville en direction des agents en situation de handicap, avec la signature début 2012 d’une convention avec le FIPHFP. L’objectif de cette convention est de favoriser, entre autres, le recrutement et le maintien dans l’emploi d’agents en situation de handicap, d’améliorer leur accompagnement professionnel, et à terme, d’atteindre le taux légal de 6 % d’agents en situation de handicap dans les effectifs de la ville. Afin de concourir à cet objectif, un volet de la convention prévoit de développer les achats en direction des Esat et Ea. Aujourd’hui, nous sommes autour de 4,6 % d’agents en situation de handicap à la ville. Ce chiffre est en progression depuis 2011 grâce aux premières actions engagées, mais il reste encore du chemin à parcourir. Nous risquons notamment de devoir faire face à d’importants flux sortants du fait de la moyenne d’âge élevée des agents en situation de handicap. Cela nécessite donc un effort important de recrutement ainsi que de développement complémentaire de l’emploi indirect. La création du Gesat Rhone-Alpes, porté par le CTPEA a également été importante dans notre décision »

Que recherchez-vous auprès du Gesat ?

« Le but de faire intervenir le Gesat est double. Cela permettra tout d’abord de rapprocher l’offre et la demande en termes de besoin d’achat, ce que nous nommons « sourcing ». C’est un volet prioritaire qui va nous permettre de mieux identifier nos besoins, de les analyser et de faire les choix les plus porteurs. Nous connaissons peu le secteur alors que l’offre couvre quasiment l’ensemble des besoins que l’on pourrait avoir. En 2011, la ville avait deux marchés réservés pour un montant annuel de 80 000 euros. L’objectif est d’atteindre un montant d’achat responsable de 500 000 euros fin 2014. C’est peu en rapport avec le montant des achats de la ville, mais nous partons de très bas. Cela représente à terme une trentaine d’unités « bénéficiaires de l’obligation d’emploi ». Le second enjeu du recours à un réseau comme celui du Gesat, c’est de s’assurer le concours d’un professionnel extérieur pour former et sensibiliser les acheteurs et responsables de service. Le but est de servir de relai pour impulser une démarche positive au sein de la Direction de la Commande Publique, qui programme et pilote les achats et marchés de la ville. Les premiers contacts informels ont d’ors et déjà facilité le lancement de plusieurs marchés réservées aux Esat et Ea. C’est un point de départ positif ».

Quels sont les autres plans d’actions de la ville de Lyon pour l’emploi des personnes en situation de handicap ?

« Dans le cadre du partenariat plus spécifique avec le Gesat-Rhones-Alpes, porté par le CTPEA, l’idée est d’organiser dans les années à venir un salon des Esat et Ea de Lyon, ou éventuellement de Rhône-Alpes, destiné particulièrement aux acheteurs et acteurs de la ville de Lyon. L’édition d’une bande dessinée sur le handicap au travail permettra de sensibiliser tous les agents de la ville. Nous conduisons également un programme plus global de soutien aux personnes handicapées dans leur parcours professionnel. Enfin, concernant le recrutement direct, des objectifs chiffrés d’embauche ont été fixés. La volonté est là, mais la mise en œuvre nécessite détermination et persévérance. »



HAUT