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« Zéro défaut » pour Essilor dans sa politique d’intégration de travailleurs handicapés

Depuis fin 2011, le site Essilor de la Meuse, dédié à la fabrication d’instruments destinés aux opticiens, a intégré avec succès une équipe de 12 personnes issues de l’ADAPEIM. Le fruit d’une politique RH attentive et resserrée, pour une adaptation optimale de ces travailleurs handicapés.

L'équipe de l'ADAPEIML'équipe de l'ADAPEIM

Depuis décembre 2011, l’usine Essilor de Ligny-en-Barrois compte douze recrues supplémentaires. Cinq hommes et sept femmes, tous issus de l’ADAPEI - Association départementale des amis et parents de personnes handicapées mentales - de la Meuse (ADAPEIM). Le partenariat du site avec l’ADAPEIM remonte à 1993 : l’association est, depuis cette date, via l’ESAT de Vassincourt, le principal fournisseur de Ligny-en-Barrois pour les systèmes de câblage dans son activité de fabrication de meuleuses et de lecteurs à destination des opticiens. Mais, en mars 2011, la production, passée au numérique, ne pouvait plus se faire à distance. Par ailleurs, le rythme de livraison hebdomadaire devenait insuffisant. C’est pourquoi les responsables du site ont décidé d’intégrer dans leurs locaux une équipe de ces travailleurs afin d’accélérer le circuit logistique. Des personnes recrutées sur la base du volontariat. « Les responsables de l’ESAT ont choisi la même équipe qu’avant, formée au métier de l’électronique depuis vingt ans », pointe Catherine Soyez, correspondante handicap sur le site de Ligny-en-Barrois.

Formation au long cours, en co-construction.

L’intégration de ces travailleurs – tous à plein temps, sauf un – s’est bien passée, une fois résolues quelques difficultés logistiques. La principale étant l’aspect transports. « Le site de Ligny est excentré de 30 km par rapport à leur ESAT, avec des changements bus-train à effectuer, d’où une complexité et une fatigue accrue, souligne Yveline Guillot, responsable diversité d’Essilor. Il a fallu préparer les personnes, et surtout décider leurs parents à les laisser sortir de leur lieu de travail protégé. » Ces questions, ainsi que la mise à disposition de l’équipe de locaux, machines, vestiaires et toilettes, ont été pris en charge par les animateurs et par la psychologue de l’ESAT, en collaboration avec Catherine Soyez.

Par ailleurs, tous ont reçu une formation Hygiène-sécurité-environnement à leur arrivée sur le site, en décembre 2011. Avant d’être formés au plus long court au métier en tant que tel. « En 2012, nous avons commencé à étudier quels nouveaux travaux nous pouvions leur confier, dans le but de les faire grandir, explique Catherine Soyez. Les formations assurées par le personnel Essilor ont duré toute l’année 2013. Nous leur avons appris à utiliser des visseuses intelligentes, à se projeter dans un environnement 3D, à travailler à partir d’un plan, …  Un apprentissage passé par un réel travail de co-construction entre l’équipe des ressources humaines du site et le moniteur d’atelier : conception d’outillages et de nomenclatures adaptés, rédaction d’une procédure très visuelle, modes opératoires spécialement pensés, ... « Afin d’améliorer le rendement tout en recentrant le groupe lorsque le besoin s’en fait sentir, nous les faisons asseoir autour d’une table, avec une mallette d’accessoires à réaliser, chacun plaçant un accessoire dans la boîte », témoigne Catherine Soyez.

Vraie complémentarité entre les équipes.

Les résultats sont excellents. « Aujourd’hui, ces travailleurs ont acquis de vraies compétences multiples : assemblage, emballage, collage, vissage, … A tel point que nous préférons faire du sourcing chez eux plutôt qu’ailleurs et ainsi favoriser la proximité.  Nous avons gagné en qualité et en rapidité et frôlons aujourd’hui le zéro défaut ! », applaudissent les deux responsables. Des qualités techniques encore renforcées par une extrême rigueur et un respect absolu des process. Sans oublier une grande fierté d’être là, et une bonne humeur à toute épreuve. Autant de raisons qui expliquent pourquoi l’intégration de ces travailleurs handicapés au sein des 180 ouvriers du site s’est parfaitement bien passée. Yveline Guillot souligne une évidente complémentarité entre les équipes : « Essilor confie tout particulièrement à l’équipe de l’ADAPEIM des tâches réclamant précision et concentration », note-t-elle.

Cette aventure réussie est une source de satisfaction pour Essilor, pour qui le développement de la collaboration avec le secteur protégé et adapté fait partie des quatre grands axes de sa politique handicap, encore réaffirmée récemment par la signature de son 3ème accord 2013-2015.

Voir le film « Zéro défaut » réalisé en 2012 sur l’équipe

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