L' Esat qui veut monter en première classe

Emmanuel VERRIERE | Directeur de l’Elan Qualité

Nouveaux métiers, veille technologique... L'Esat « L'Elan qualité » de Creuzier-le-Neuf (Allier), cherche constamment à anticiper les évolutions des marchés et à mieux asseoir l'activité de l'établissement dans un contexte économique difficile. Sans hésiter à aller encore plus loin, comme en rachetant l'année dernière un de ses clients en redressement judiciaire !

C'est un vieil établissement de 38 ans installé dans la campagne bourbonnaise pas très loin de Vichy, dans le petit village de Creuzier-le-Neuf, un établissement spécialisé dans ces deux secteurs traditionnels du travail protégé que sont la sous-traitance industrielle et l'entretien d'espaces verts. C'est ? C'était ! Car l'Esat de Creuzier, même s'il continue à agir dans ces métiers historiques, a bien changé depuis quelques années. Tandis qu'autour la campagne s'urbanisait de plus en plus, les évolutions économiques récentes l'ont conduit vers de nouveaux savoir-faire et de nouveaux positionnements.

L' Esat qui veut monter en première classe

« Monter en première classe »

C'est la crise de 2008-2009 qui a déclenché les choses. La sous-traitance industrielle et la mise à disposition de personnel ont alors brutalement chuté. « Cette baisse énorme, se rappelle Emmanuel Verrière, directeur de l'Esat depuis six ans, nous a obligé à réfléchir à une sortie de crise en terme de diversification. Depuis, nous sommes en train d'opérer un certain virage dans nos activités. » C'est aussi l'époque où l'établissement décide d'intégrer véritablement le Réseau Gesat en passant du statut d'abonné au statut d'adhérent actif. Emmanuel Verrière rencontre ainsi des homologues qui se posent les mêmes questions que lui, et qui, pour certains, y ont déjà apporté des réponses. C'est ainsi que l'Esat est en veille technologique sur des filières comme la GED (Gestion électronique de documents) : « Pour le moment nous n'avons pas d'activité dans ce domaine mais nous sommes attentifs pour pouvoir répondre à des marché locaux qui apparaissent. Trop longtemps les Esat ont eu tendance à regarder passer les trains et à monter dans le dernier wagon. Il faut aujourd'hui pouvoir monter en première classe ! »

Repreneur d'entreprise

Voilà des démarches qui rompent avec les habitudes du secteur. Pourtant le virage est pris et l'Esat de Creuzier va même très loin dans ce sens. Il y a quelques années un de leur client installé dans les Pyrénées, pour lequel ils fournissent des câblages électriques est en redressement judiciaire. L'Esat sent que le risque est grand de voir disparaître ce gros commanditaire. Il étudie le dossier à fond, s'entoure de conseils de spécialistes, calcule l'investissement, évalue son retour... et décide de racheter l'entreprise ! « C'est une décision qui n'allait pas forcément de soi pour un conseil d'administration composé de militants d'association de parents d'enfants et d'adultes handicapés. Pourtant nous l'avons fait. » L'activité est rapatriée sur place, et la marque Câbles et Connectique de l'Adour devient Câbles et Connectique de l'Allier, ce qui permet de conserver l'acronyme CCA connu des clients : des PME mais aussi le leader du matériel électrique pour la maison (Legrand) ou un des leaders européens de la décoration de Noël. « CCA que nous avons racheté en juin 2010 occupe une dizaine de personnes, et jusqu'à 20 en saisonnalité haute. De plus, outre la fabrication de câbles, cette activité génère du travail pour notre atelier de surmoulage, une activité rare en France. »

Nouvelle filière

Emmanuel Verrière s'est également engagé sur la filière DEEE (Déchets d'équipements électriques et électroniques). Il fait partie du comité technique DEEE au sein du Gesat et raconte comment il a abordé ce nouveau chantier : « Le Gesat a aidé un groupe d'ESAT et d'EA à se fédérer et obtenir un marché d'ampleur nationale auprès de l'Ugap, la centrale d'achats Publics. Il s'agissait de répondre aux besoins de collecte, récupération, démantèlement, recyclage et réemploi des parcs d'ordinateurs du secteur public. Comme il n'y 'avait pas d'opérateur en Auvergne le Gesat nous a sollicité et nous y sommes allés. » La leçon qu'en tire Emmanuel Verrière, avec ses collègues du comité technique DEEE c'est l'importance pour les établissements de travail protégé de savoir travailler ensemble pour présenter une offre qui soit opérationnelle sur tout le territoire. « La couverture nationale est indispensable pour obtenir certains marchés et nous devons assurer un véritable maillage du territoire et une garantie de service aux clients, y compris au fin fond de l'Auvergne ! » Pour le moment, si l'Esat de Creuzier assure uniquement l'enlèvement et le marquage, le démantèlement étant ensuite réalisé par un Esat de Rhône-Alpes. Dans l'attente. Car Emmanuel Verrière recherche des locaux qui lui permettront de mener l'ensemble des opérations, car, comme pour toutes ses actions, son seul souci est de fournir du travail à 165 personnes !

Voir le site de l'Esat "L'Elan qualité"
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