Entretien avec Émilie Guillaume, Responsable Mission Handicap et Gestion de la Santé au sein des boulangeries Paul

Quelle est la politique des Boulangeries Paul en matière d'intégration de travailleurs handicapés ?

Les boulangeries Paul ont mis en place une politique volontariste en matière d'intégration de personnes en situation de handicap en signant un Accord d'entreprise en novembre 2009. Classiquement, cet accord porte sur plusieurs axes : le recrutement, la sensibilisation interne, la communication externe, le maintien dans l'emploi et la sous-traitance au secteur protégé et adapté qui constitue un axe au même titre que les autres.

Entretien avec Émilie Guillaume, Responsable Mission Handicap et Gestion de la Santé au sein des boulangeries Paul

Quels sont les obstacles principaux auxquels vous êtes confrontés ?

Tout responsable Mission Handicap est confronté globalement à des freins voire des obstacles. C'est également vrai pour le recours aux ESAT et EA. Nous avons d'abord dû sensibiliser les acheteurs qui pensaient, pour certains, que les prestations proposées par les entreprises adaptées étaient forcément plus chères. La réalisation de plusieurs prestations a fini de les rassurer. Les préjugés existent mais on finit par les surmonter. La première action suite à la signature de l'accord a d'ailleurs été de communiquer en interne sur les nouveaux dispositifs dont pouvaient bénéficier nos collaborateurs. Nous avons très vite lancé une campagne d'affiches, une brochure, nous avons publié des articles dans notre journal interne... de manière concrète, cela a permis de faciliter l'intégration et le maintien de personnes en situation de handicap et de faire comprendre que le handicap dans l'entreprise est une politique globale.

Quels sont les premiers résulats concernant la sous-traitance aux ESAT et EA ?

Nous en sommes encore au cas par cas, c'est-à-dire que nous sollicitons un Esat ou un autre selon nos besoins. Cependant, nous avons tendance à  fidéliser nos relations. D'abord, nous nous sommes adressés aux structures locales, mais certains de nos besoins ne pouvaient pas être satisfaits. Nous nous sommes donc rapprochés du Gesat, en janvier 2011, ce qui nous permet d'avoir une vision nationale et surtout exhaustive de l'offre des ESAT et EA, de comparer les prestations et surtout de trouver les compétences que nous cherchons et qui n'existent pas forcément dans notre région. Nous avons par exemple un Esat qui réalise nos impressions, un autre qui gère les réponses aux candidatures. Un autre a fabriqué des boîtes de rangement pour nos étiquettes de prix en magasin : ce genre de prestations très particulières n'est pas facile à trouver. Et la qualité des prestataires nous a pleinement satisfaits.

Vous avez noué des partenariats particuliers avec le secteur ?

Pour l'instant, au delà du partenariat avec le GESAT, nous avons des liens privilégiés avec l'Association des Paralysés de France. Notre souhait est à terme de pouvoir créer un vivier de prestataires du secteur protégé et adapté avec lesquels nous travaillerons dans la durée. Avec l'APF nous travaillons sur la mise à disposition du personnel.  Nous avons mis en place une formation de préparateur-traiteur, avec une alternance de formations théoriques et de périodes de mise en pratique en magasin. Cela a plusieurs avantages : pour les usagers de l'ESAT c'est une opportunité d'apprendre un métier et d'acquérir une qualification. Pour nous, cela crée un vivier de personnel qualifié, immédiatement opérationnel. La première promotion travaille sur des magasins lillois pour des missions plus ou moins longues. L'un d'entre eux a été embauché fin 2010 et je ne cache pas mon souhait de voir d'autres embauches se concrétiser. Ils le méritent vraiment. Le succès de cette première nous a donné envie de recommencer, nous préparons donc une deuxième promotion. Ces formations se veulent être une passerelle entre le milieu protégé des EA et des ESAT et le milieu ordinaire de travail au sein d'entreprises.

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