« Nos entreprises ont aussi des exigences sociales par rapport à leurs fournisseurs, surtout quand elles font travailler des personnes handicapées »

depuis le jeudi 19 octobre 2006Patricia MARIAGE | Mission handicap EDF-GDF

J'arrive assez récemment dans la fonction de responsable de mission handicap, je n'ai donc pas tout l'historique de nos relations mais effectivement les liens entre EDF et le Réseau Gesat, (autrefois le GEST), sont déjà anciens et nous avons l'intention de les poursuivre.
Comme beaucoup d'entreprises présentes ici, EDF et Gaz de France-GRTgaz ont signé des accords d'entreprise pour l'intégration des personnes handicapées : les deux entreprises ont signé cette année leur septième accord. J'ai regardé cet historique et j'ai pu constater que les engagements des entreprises en matière d'achats au secteur protégé sont en progression constante
Et les 7èmes accords que nous avons signé en 2006 se traduisent par une nouvelle avancée en termes de volume d'achats au secteur protégé. Ils comportent aussi d'autres axes d'intervention avec le secteur protégé, en particulier :
- La possibilité d'aider à la formation ou à la reconversion de personnes handicapées employées dans les EA et les ESAT.
- La possibilité d'apporter une aide à des projets qui doivent servir soit à préserver des emplois ou à en créer de nouveaux dans ces structures.

"8,5 et 1,5 millions d'euros d'objectifs d'achats au secteur protégé en moyenne annuelle"

Avant de participer à cette journée, je me suis rapprochée de mes collègues acheteurs de Gaz de France et d'EDF qui passent des contrats-cadres avec le secteur protégé afin de leur demander quels messages ils auraient à faire passer pour nous permettre aux entreprises de mieux travailler avec le secteur protégé.
Je crois qu'il est effectivement important de connaître le champ des contraintes de ses collègues et de ses partenaires. Mes collègues acheteurs m'ont donné pour vous, directeurs d'EA et d'ESAT, quelques indications sur le sens dans lequel devrait aller le partenariat que souhaite construire le GESAT.
Je voudrais m'en faire le relais, sachant que je ne suis pas une acheteuse de profession, et que je ne vais peut-être pas toujours employer les bons mots.
J'ai rappelé que nous avions des objectifs d'achat importants et je pense que pour nos acheteurs, ce sont aussi des objectifs motivants.
Pour l'accord EDF, les objectifs d'achats au secteur protégé sont de 8,5 millions d'euros en moyenne annuelle dans le cadre de l'accords handicap 2006-2008, et pour celui de gaz de France - GRTgaz de 1,5 millions d'euros, un objectif très important pour la taille de cette entreprise. Leur mise en œuvre est très centrée à la fois sur les prestations de service et l'entretien d'espaces verts.

"Nous attendons de nos partenaires de pouvoir travailler en confiance"

Je voudrais donner quelques indications sur le cadre dans lequel travaillent mes collègues acheteurs et je pense que beaucoup d'autres entreprises vont se retrouver dans ce que je vais dire.
D'abord, la mise en œuvre des politiques achats s'organise à un niveau de plus en plus régionalisé et même centralisé. Même si nos unités seront toujours disposées à travailler en proximité avec les établissements du secteur protégé, nous avons chez nous des interlocuteurs de plus en plus centralisés et qui ont donc besoin d'avoir une vision et des informations globales.
Autre point, la tendance à la massification des contrats : les contrats sont moins nombreux, donc plus importants et d'une durée plus longue.
De plus en plus les entreprises travaillent aussi avec des signaux de prix à la baisse.
Enfin, nos entreprises ont des exigences sociales et des attentes quant à leurs fournisseurs, surtout quand ils font travailler des personnes handicapées.
Nous apprécions donc de travailler avec des entreprises dont nous soyons surs qu'elles ont adhéré à des chartes de déontologie. Nous savons que, lorsque nous travaillons avec elles, ce sont des entreprises qui vont faire progresser la qualification, les compétences et l'autonomie sociale de leurs travailleurs. Il très important pour nous d'être rassuré sur ces points là. Nous attendons de nos partenaires de pouvoir travailler en confiance, avec des gens qui ont de la réputation, qui nous offrent des garanties de gestion sociale, de conformité à la législation, de qualité. Nous avons aussi envie de travailler avec des acteurs reconnus, incontournables dans leur secteur.

"Bien faire connaître votre offre"

J'ai souvent entendu dire que quand on travaille avec le secteur protégé, il y a peut-être une période importante de calage mais qu'a contrario, une fois qu'on s'est bien calé, on peut avoir une vraie assurance de qualité. Nous comptons sur vous pour maintenir ce niveau de qualité.
Après avoir parlé de collaboration, de niveau régional etc, il faut aussi parler de structuration de l'offre.
Les acheteurs se posent la question : « Qu'est-ce que le milieu protégé est capable de faire ? ». Il y a un gros effort à fournir pour bien faire connaître votre offre, pour l'organiser. Il faut la faire connaître de manière globale et pas seulement d'entité à entité. Nous sommes prêts à vous aider, les entreprises sont prêtes à coopérer.
Quand j'entends parler de Club partenaires, de créer des bases de données, je pense que c'est bien ça l'idée. Quelque chose qui permette aux entreprises et au secteur protégé d'avancer ensemble. Il faut s'organiser à un niveau plus central, de manière à faciliter la vie des uns et des autres dans une démarche où tout le monde est gagnant-gagnant.
Les attentes sont d'autant plus fortes que, dans certains cas, des achats seront réservés au secteur protégé.
Avec mes collègues acheteurs nous avons réfléchi et nous en sommes arrivés à nous dire qu'il y a peut-être un positionnement intéressant pour le secteur protégé. Nous faisons un peu la réflexion à votre place et je m'en excuse, mais après tout nous sommes aussi là pour donner notre avis. Vous êtes des sociétés de petite ou moyenne taille et peut-être qu'une de vos forces peut être aussi la flexibilité par rapport au besoin du client : la capacité à produire et à offrir aux clients des choses un peu différentes du standard.

Finalement, ce que nous attendons, c'est d'avoir en face de nous des interlocuteurs qui se comportent en entreprise et qui nous font valoir la qualité de leur offre ainsi que les compétences qu'ils peuvent mettre à notre disposition.



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